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1ère Bac Sciences Mathématiques
MATHEMATICS · 1ère Bac Sciences Mathématiques · 1ère Bac

Logique mathématique

Propositions, connecteurs, quantificateurs, contraposée, absurde, disjonction de cas et raisonnement par récurrence (simple, double, forte), avec 3 séries d'exercices corrigés.

المنطق الرياضي : العبارات، الروابط المنطقية، المكممات، الاستدلال بالخلف وبالتناقض وبفصل الحالات والاستدلال بالترجع بأنواعه.

Quiz de 10 questions en bas de page

Le cours

Le cours complet, tel qu'il est dans le PDF : définitions, théorèmes, propriétés, exemples et démonstrations (repliées, clique pour les lire).

Propositions et valeurs de vérité

Définition : Proposition mathématique

Une proposition est un énoncé dont on peut dire, sans ambiguïté, qu'il est vrai (V) ou qu'il est faux (F). Sa valeur de vérité est V ou F, jamais les deux, jamais « un peu vrai ».

Exemple
  • « est un entier naturel » est une proposition vraie.
  • « Tout entier pair est divisible par » est une proposition fausse (contre-exemple : ).
  • « » n'est pas une proposition tant que n'est pas fixé : c'est une fonction propositionnelle , vraie pour et fausse sinon.
  • « Que la paix soit avec toi » n'est pas une proposition.

Connecteurs logiques

À partir de propositions et , on en forme de nouvelles à l'aide de connecteurs.

Définition : Les cinq connecteurs
  • Négation « non », notée : vraie lorsque est fausse, et réciproquement.
  • Conjonction « et », notée : vraie lorsque et sont simultanément vraies.
  • Disjonction « ou », notée : vraie dès que l'une au moins des deux est vraie (le « ou » mathématique est inclusif).
  • Implication « » : fausse uniquement lorsque est vraie et fausse.
  • Équivalence « » : vraie lorsque et ont la même valeur de vérité.
Propriété : Tables de vérité
VVFVVVV
VFFFVFF
FVVFVVF
FFVFFVV
Exemple

Soit : « » (V) et : « est pair » (F). est F ; est V ; est F (le seul cas faux : V implique F) ; est V (une prémisse fausse rend l'implication vraie, quelle que soit la conclusion).

Vocabulaire de l'implication

Dans , est l'hypothèse (ou condition suffisante) et la conclusion (ou condition nécessaire). On dit : « est une condition suffisante pour » et « est une condition nécessaire pour ».

Définition : Réciproque et contraposée

Soit l'implication .

  • Sa réciproque est . Elle n'a en général pas la même valeur de vérité.
  • Sa contraposée est . Elle a toujours la même valeur de vérité que .
Propriété : Lois fondamentales

Pour toutes propositions , , :

  1. ;
  2. ;
  3. ;
  4. (contraposée) ;
  5. ;
  6. transitivité : .
Démonstration

Pour (2), on compare les tables : est fausse uniquement lorsque et sont fausses, c'est-à-dire vraie et fausse, exactement le cas où est fausse. Les autres lois se vérifient de la même façon, ligne par ligne (voir la série d'exercices 1).

Propriété : Lois de De Morgan
Exemple

La négation de « et » est « ou ». La négation de « est pair ou est multiple de » est « est impair et n'est pas multiple de ».

Quantificateurs

Définition : Quantificateur universel

« » (pour tout de , ) est vraie lorsque tout élément de vérifie .

Définition : Quantificateur existentiel

« » (il existe dans tel que ) est vraie lorsque l'on peut trouver au moins un élément de vérifiant . La notation signifie « il existe un unique ».

Exemple
  • : vrai.
  • : vrai ().
  • : faux ().
  • : vrai ().
Propriété : Négation des quantificateurs

Pour nier un « pour tout », on exhibe un contre-exemple ; pour nier un « il existe », on montre que la propriété échoue partout.

L'ordre des quantificateurs compte

Exemple
  • « » est vraie : pour chaque , convient. Le dépend de .
  • « » est fausse : il n'existe pas de réel plus grand que tous les réels. Ici le même devrait convenir pour tous les .

Inverser et change le sens de l'énoncé. En revanche deux quantificateurs de même nature commutent : est identique à .

Modes de raisonnement

Raisonnement direct

Pour démontrer : supposer vraie et en déduire par une chaîne d'implications ou d'équivalences.

Exemple

Si est pair alors est pair. Démonstration. Si (), alors est pair.

Raisonnement par contraposée

Pour démontrer , on démontre , qui lui est équivalente. On y pense quand l'hypothèse est plus facile à manipuler que .

Exemple

« Si est pair alors est pair. » Par contraposée : si est impair, et est impair.

Raisonnement par l'absurde

Pour démontrer , on suppose et on aboutit à une contradiction.

Exemple

est irrationnel. Supposons avec entiers premiers entre eux. Alors : est pair, donc est pair (contraposée ci-dessus), , puis et est pair. et seraient tous deux pairs : contradiction avec « premiers entre eux ».

Raisonnement par contre-exemple

Pour réfuter « », un seul tel que soit fausse suffit.

Exemple

« Tout entier impair est premier » est faux : . « est premier » est faux : pour , .

Raisonnement par disjonction de cas

On partage l'ensemble des situations en cas exhaustifs et on démontre la propriété dans chacun.

Exemple

Pour tout entier , est pair : si est pair, le produit l'est ; si est impair, est pair et le produit l'est aussi.

Raisonnement par équivalences successives

Pour résoudre une équation ou démontrer , on peut enchaîner des équivalences ; chaque étape doit être réversible (attention aux élévations au carré et aux divisions par une expression pouvant s'annuler).

Exemple

. L'élévation au carré n'est pas une équivalence : donne , soit ou . Or rend : on ne garde que (vérification : ).

Raisonnement par récurrence

C'est le mode de démonstration adapté aux propriétés qui dépendent d'un entier naturel : formules de sommes, inégalités, divisibilité, suites définies par récurrence.

Théorème : Principe de récurrence

Soit une propriété dépendant d'un entier et . Si

  1. est vraie (initialisation) ;
  2. pour tout entier , (hérédité), alors est vraie pour tout entier .

L'image à garder : une rangée de dominos. L'initialisation fait tomber le premier ; l'hérédité garantit que chaque domino qui tombe fait tomber le suivant. Les deux étapes sont indispensables : sans initialisation, la propriété « » est héréditaire mais fausse pour tout .

Rédaction type

  1. Énoncer clairement .
  2. Initialisation : vérifier par un calcul.
  3. Hérédité : « Soit . Supposons vraie (hypothèse de récurrence). Montrons . » Le calcul doit utiliser l'hypothèse de récurrence.
  4. Conclusion : « Par récurrence, est vraie pour tout . »
Exemple

Démontrer que pour tout : .

Initialisation. Pour : . Vraie.

Hérédité. Soit tel que . Alors , qui est bien la formule au rang .

Conclusion. La formule est vraie pour tout .

Exemple

(Inégalité de Bernoulli) Pour tout réel et tout : .

Initialisation. : .

Hérédité. Supposons . En multipliant par : car .

Conclusion. L'inégalité est vraie pour tout .

Exemple

(Divisibilité) Pour tout , est divisible par .

Initialisation. .

Hérédité. Supposons avec . Alors .

Conclusion. divise pour tout .

Exemple

(Suite définie par récurrence) Soit définie par et . Montrer que pour tout .

Initialisation. .

Hérédité. Si , alors .

Conclusion. pour tout .

Récurrence double et récurrence forte

Définition : Récurrence double

Si et sont vraies, et si pour tout , , alors est vraie pour tout . On l'utilise pour les suites dont chaque terme dépend des deux précédents.

Exemple

Soit la suite de Fibonacci : , , . Montrons que pour tout . Initialisation : et . Hérédité : si et , alors .

Définition : Récurrence forte

Si est vraie et si, pour tout , le fait que soit vraie pour tous les de à entraîne , alors est vraie pour tout .

Exemple

Tout entier admet un diviseur premier. Récurrence forte : est premier. Soit ; si est premier, c'est fini ; sinon avec , et par hypothèse (appliquée à ) admet un diviseur premier, qui divise aussi .

Erreurs fréquentes

  • Confondre une implication et sa réciproque : « si alors » est vraie, sa réciproque est fausse ().
  • Croire que « » affirme que est vraie : elle ne dit rien sur .
  • Nier « » par « » au lieu de « ».
  • Oublier l'initialisation d'une récurrence, ou ne pas utiliser l'hypothèse de récurrence dans l'hérédité.
  • Élever au carré ou diviser par « par équivalence » sans vérifier les signes ou .

Exercices type contrôle corrigés

5 exercices dans l'esprit des sujets de contrôle, avec correction détaillée. Cherche d'abord, puis ouvre la correction. La version PDF (mise en page complète) est dans les documents ci-dessous.

  1. Quantificateurs, négation, contraposée

    1. Pour chaque proposition, donner sa valeur de vérité (en justifiant) puis écrire sa négation :
    • (a) ;
    • (b) ;
    • (c) .
    1. Soit . Écrire la contraposée puis la réciproque de l'implication « si est multiple de alors est multiple de ». Démontrer la contraposée. Que peut-on conclure ?
    Voir la correction
    1. (a) Vraie : . Négation : . (b) Fausse : il n'existe pas de réel inférieur à tous les réels (pour tout , vérifie ). Négation : . (c) Fausse : pour , quel que soit . Négation : .
    2. Contraposée : « si n'est pas multiple de , alors n'est pas multiple de ». Réciproque : « si est multiple de , alors est multiple de ». Démonstration de la contraposée : si , ; si , . Dans les deux cas n'est pas multiple de . La réciproque est vraie aussi ( donne ) : on conclut que « multiple de multiple de ».
  2. Raisonnement par l'absurde

    1. Démontrer que est irrationnel.
    2. En déduire que est irrationnel.
    Voir la correction
    1. Supposons avec premiers entre eux. Alors est pair, donc est pair : . Alors , soit : est pair, donc est pair (car est impair), donc est pair. et seraient tous deux pairs, contradiction.
    2. Supposons rationnel. Alors , donc serait rationnel (opérations sur des rationnels), ce qui contredit la question 1. Donc est irrationnel.
  3. Récurrence : une somme télescopique

    Démontrer par récurrence que pour tout entier :

    Voir la correction

    Soit l'égalité à démontrer.

    Initialisation. : .

    Hérédité. Supposons . Alors la somme au rang vaut , ce qui est .

    Conclusion. L'égalité est vraie pour tout .

  4. Récurrence : encadrement et monotonie d'une suite

    Soit la suite définie par et pour tout .

    1. Calculer et .
    2. Démontrer par récurrence que pour tout : .
    3. Démontrer que la suite est croissante.
    Voir la correction
    1. ; .
    2. Initialisation. . Hérédité. Si , alors , donc , en particulier . Conclusion. pour tout .
    3. Comme : . Or donne et : le produit est négatif ou nul. La suite est donc croissante.
  5. Récurrence : divisibilité

    1. Démontrer que pour tout , est divisible par .
    2. Démontrer que pour tout , est divisible par .
    Voir la correction
    1. Initialisation. . Hérédité. Si , alors . Conclusion. Vrai pour tout .
    2. Initialisation. . Hérédité. Supposons . Alors . Or est pair (produit de deux entiers consécutifs), donc est multiple de , et est multiple de . Conclusion. divise pour tout .

Documents

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Teste-toi : 10 questions sur ce chapitre

Une seule bonne réponse par question. Réponds sans regarder le cours, puis lis l'explication : c'est là que tu apprends. Ton meilleur score est gardé dans ce navigateur.

0/10 répondues
  1. 1.
    Soit : « » et : « est pair ». Quelle est la valeur de vérité de ?
  2. 2.
    La contraposée de « si est pair alors est pair » est :
  3. 3.
    La négation de « » est :
  4. 4.
    La négation de « et » est :
  5. 5.
    Parmi ces énoncés, lequel est vrai ?
  6. 6.
    Laquelle de ces propositions est toujours équivalente à ?
  7. 7.
    Dans une démonstration par récurrence, l'étape d'hérédité consiste à démontrer :
  8. 8.
    La propriété : « » vérifie pour tout . Que peut-on conclure ?
  9. 9.
    L'ensemble des solutions réelles de est :
  10. 10.
    Pour montrer que est irrationnel, on suppose et on aboutit à une contradiction. C'est un raisonnement :
Encore 10 questions.